"GRAND" JEU DE NOEL : REPLIQUES DE FILMS

"GRAND" JEU DE NOEL : REPLIQUES DE FILMS
Pour "fêter" Noël et aussi par envie de faire comme tout le monde (:honte à moi), j'ai décidé de faire ce petit jeu très amusant des répliques de films. Le concept est archi-rôdé, je pense que vous le connaissez : il faut donner le titre du film où l'on trouve la réplique en question. Mais, histoire de, je rajoute une petite touche personnelle : Vous gagnez 1pt si vous trouvez le titre du film ; 2pts si vous trouvez le titre du film et le nom du réalisateur ; 3pts si vous trouvez le titre du film, le nom du réalisateur et le nom de l'acteur ou de l'actrice qui dit la réplique. Chaque participant sera "récompensé" d'un lien vers son blog (s'il en a un), je mettrais à jour le tableau des scores.
Bon j'avoue, c'est très facile, la plupart des répliques sont cultissimes. J'en ai écrites certaines en VO, pour corser la chose, mais aussi parce que ça fait tout de suite plus classe. Allez, "Es geht los" (all rights reserved to Mr Ludwig), et bonne chance quand même ! Vous avez jusqu'à fin janvier pour jouer !

1. "Rosebud..." Citizen Kane - Orson Welles - Orson Welles

2. "J'aime l'odeur du napalm au p'tit matin !" Apocalypse now - F.F. Coppola - Robert Duvall

3. "Wendy ! I'm home !" Shining - Stanley Kubrick - Jack Nicholson

4. "Accepter sa demande en mariage après avoir été amoureuse de toi, c'est comme boire de l'eau après avoir goûté du marsala." Le Guépard - Luchino Visconti - Claudia Cardinale

5. "Et tu connaîtras pourquoi mon nom est l'Eternel quand s'abbatra sur toi la vengeance du Tout-Puissant." Pulp fiction - Quentin Tarantino - Samuel L. Jackon

6. "Here is Johnny !" Shining - Stanley Kubrick - Jack Nicholson

7. "For relaxing times, make it Suntory time." Lost in translation - Sofia Coppola - Bill Murray

8. "And you know, there is something very important that we need to do as soon as possible.
- What's that ?
- Fuck." Eyes wide shut - Stanley Kubrick - Nicole Kidman et Tom Cruise

9. "Je vais te dresser ! Allez, relève-toi, sors de ta connerie sacré bon Dieu ! Sinon je te dévisse la tête et je te chie dans le cou !" Full metal jacket - Staney Kubrick - Lee Ermey

10. "Little pigs, little pigs, let me come in ! Not by the hair of your chinny-chin-chin. Then I'll huff and I'll puff and I'll blow your house in !" Shining - Stanley Kubrick - Jack Nicholson

11. "Ceux qui sont encore en vie, profitez-en pour le rester et allez vous en ! Mais surtout, n'emportez pas les membres que vous avez laissés ! Ils sont à moi, ils m'appartiennent désormais." Kill Bill - Quentin Tarantino - Uma Thurman

12. "Combien tu mesures ?
- Chef, 1m70, chef !
- 1m30 ?! 'Jamais vu un tas de merde aussi haut que ça !" Full metal jacket - Stanley Kubrick - Lee Ermey

13. "You're talkin' to me ?" Taxi driver - Martin Scorsese - Robert DeNiro

14. "Le tueur en série qui fait le plus de victimes chez les vieux, c'est la retraite." Kill Bill - Quentin Tarantino - Michael Madsen

15. "Je veux que vous me nettoyiez ces chiotes et qu'ils soient plus que nickels, pour que même la Sainte Vierge soit contente de venir y lâcher sa pêche." Full metal jacket - Stanley Kubrick - Lee Ermey

16. "Il y a deux catégories de personnes sur cette Terre : ceux qui ont un flingue et ceux qui creusent. Toi, tu creuses." Le bon, la brute et le truand - Sergio Leone - Clint Eastwood

17. "Horror... horror... has a face" Apocalypse now - F.F. Coppola - Marlon Brando

18. "Oh Scottie ! I'm not mad, I'm not mad ! I don't want to die !" Vertigo (sueurs froides) - Alfred Hitchcock - Kim Novak


SCORES

*Clémentine (critiques-cinema) : 41pts*
*cine-culte : 36pts*
*blopounet : 34pts*
*lyra : 24pts*
*cine-files : 14pts*
*Critiques-cinoch : 13pts*
*ygor (cinemacinema) : 13pts*
*nobodysmith : 12pts*
*guillaume : 11pts*
*deniro63 : 11 pts*
*cinefan2006 : 9pts*
*Romain : 8pts*
*cinemaaa03 : 4pts*
*Sondage-actors : 3pts*

# Posté le dimanche 24 décembre 2006 13:16

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 21:11

2007...

2007...
Image : "Angel" de François Ozon

Tout d'abord : Bonne année, bonne santé... (et tout le blabla habituel...)
Cette nouvelle année s'anonce plutôt riche en bons films - ou du moins très alléchants. Voici le top des films que, pour ma part, j'attend avec le plus d'impatience.

1. Inland empire de David Lynch sortie prévue le 7 février (Bande-annonce)
> J'adore Lynch, alors même si "Inland empire" ça se résume selon certains à 3 longues heures de n'importe quoi, je dois dire que je ne tiens plus à l'dée de le voir.

2. Grindhouse de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez sortie prévue en mai ou juin (Bande-annonce)
> Tarantino et Rodriguez, les deux réals les plus allumés des States, reviennent ensemble avec deux films complètement barrés et extrêmement violents ("Planet terror" et "Death proof") en un seul, séparés par de fausses bandes-annonces. "Grindhouse" semble être un hommage aussi retentissant que jouissif - voire orgasmique aux séries B d'exploitation des 70's.

3. My blueberry nights de Wong Kar Wai sortie prévue en septembre (Photo)
> Le premier film de WKW en anglais, après avoir vu "In the mood for love et "2046" (deux chefs d'oeuvre), ça donne envie ! Avec Norah Jones, Jude Law et Natalie Portman.

4. La môme de Olivier Dahan sortie prévue le 14 février (Bande-annonce)
> En tant qu'admirateur d'Edith Piaf, j'attend forcément ce film avec impatience. De plus, il semble réellement bouleversant, et certains le définissent djéà comme le seul biopic français digne de ce nom. La mise en scène très stylisée et baroque de Dahan devrait renforcer le charme de ce film tout en lui apportant une originalité bienvenue.

5. Paranoid park de Gus Van Sant sortie prévue en octobre (Photos)
> Après sa grandiose "trilogie de la mort" ("Elephant", "Gerry" et "Last days"), GVS revient avec ce qu'il définit comme un "Crime et châtiment" dans le milieu du skate. Cette association Van Sant, Dostoïevski et Tony Hawk me semble très très prometteuse.

6. Molière de Laurent Tirard sortie prévue le 31 janvier (Bande-annonce)
> Romain Duris, Laura Morante et Fabrice Luchini dans une farce tragi-comique plus "à propos de" que "sur" Molière. Décidément, le cinéma français semble très en forme cette année !

7. Les climats de Nuri Bilge Ceylan sortie prévue le 17 janvier (Bande-annonce)
> Cinquième film du réal turque Nuri Bilge Ceylan (dont je n'ai vu que l'excellent "Uzak"), "Les climats", présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2006, m'a l'air d'être un chef d'oeuvre, lent et assez chiant tout de même, mais réellement bouleversant et esthétiquement sublime. La bande-annonce et le synopsis ne font que faire grandir mon impatience déjà énorme de le voir à la Nuit de Cannes (Munster, ça a beau être paumé, c'est quand même chouette)

8. The assassination of Jesse James by the coward Robert Redford de Andrew Dominik sortie prévue le 17 octobre (Bande-annonce)
> Casting de rêve (Brad Pitt, Casey Affleck, Sam Rockwell et Sam Shepard), réalisateur australien et titre à ralonge pour "un western existentiel filmé à la Terrence Malick". Intriguant et surtout très excitant.

9. Angel de François Ozon sortie prévue le 14 mars (Bande-annonce)
> François Ozon, 'connaît pas et ça m'attire pas trop. Mais l'affiche et le teaser de "Angel" ont suffit à me rendre impatient.

10. Goya's ghosts de Milos Forman sortie prévue en avril (Photo)
> Milos Forman s'attaque une enième fois à une biographie, cette fois celle du maître de la peinture espagnole : Francisco Goya. Un film qui me semble très prometteur, avec Natalie Portman et Javier Bardem.

Les autres : "Apocalypto" de Mel Gibson, "A l'intérieur" de Julien Maury et Alexandre Bustillo, "Fur : portrait imaginaire de Diane Arbus" de Steven Shainberg, "Boarding Gate" de Olivier Assayas, "Zodiac" de David Fincher, "Spider-Man 3" de Sam Raimi, "Shrek le troisième" de Chris Miller, "Ratatouille" de Brad Bird, " The good shepherd" de Robert de Niro, "300" de Zack Snyder", "Youth without youth" de Francis Ford Coppola, "La femme coupée en deux" de Claude Chabrol, "The good German" de Steven Soderbergh, "Lettres d'Iwo Jima" de Clint Eastwood," Into the wild" de Sean Penn, " No country for old men " de Joel et Ethan Coen, "Across the universe" de Julie Taymor, "The simpsons movie" de David Silverman, "Blood diamond" de Edward Zwick, "99 francs" de Jan Kounen, "Sunshine" de Dany Boyle, "Evan tout-puissant" de Tom Shadyac...

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SONDAGE : Quels sont les films que vous attendez le plus ?


1. Inland empire

2. Zodiac

3. Grindhouse

4. La Môme

5. My blueberry nights

6. Lettres d'Iwo Jima

7. Spiderman 3

8. Apocalypto

9. Pirates des Caraïbes 3

10. 300

11. Shrek 3
Die hard 4

12. Harry Potter 5

13. Molière

14. L'assassinat de Jesse James
Ocean's thirteen

15. The good german

16. Paranoid Park
Jacquou le croquant
Paris
Ratatouille
L'illusionniste
Halloween
A la croisée des mondes : Les Royaumes du Nord

17. Sin city 2

18. Les 4 fantastiques et le surfeur d'argent

19. Angel

20. La vengeance dans la peau
Blood diamond
Be kind rewind

21. Phantasmagoria
Les climats
Pathfinder
Taxi 4

22. Fur, portrait imaginaire de Diane Arbus
Le nombre 23
Ghost rider

23. Goya's ghosts
The good shepherd
Bad times
Les Simpsons
Resident evil : extinction

24. No country for old men
Le voile des illusions
Smokin' aces

# Posté le mercredi 03 janvier 2007 05:52

Modifié le vendredi 06 avril 2007 12:12

CHANTONS SOUS LA PLUIE

CHANTONS SOUS LA PLUIE
COUP DE COEUR * COUP DE COEUR * COUP DE COEUR * COUP DE COEUR * COUP DE COEUR


Singin' in the rain
De
Stanley Donen et Gene Kelly
Pays : USA
Avec : Gene Kelly, Debbie Reynolds, Donald O'Connor...
Année : 1953
Genre : Comédie musicale
Durée : 105 mn
L'histoire. Don Lockwood et Lina Lamont sont le couple star du moment à Hollywood. Mais lorsque le parlant arrive, la voix de crécelle de Lina menace la carrière du duo...


Singin' in the rain ou le programme pour redonner la patate des docteurs Donen et Kelly : mieux qu'une cure de vitamines, qu'une boîte de pillules de viagras ou n'importe quel autre aphrodisiaque, ce film donne la pêche et fait voir la vie d'un autre oeil. Euphorisante, agréable, colorée et entraînante, cette comédie musicale, considérée à juste titre comme la meilleure de tous les temps est un anti-dépressif puissant qui fait vraiment plaisir à voir. Alors dites adieu aux idées noires et à la morosité, faites une pause, détendez vous, changez vous les idées, oubliez Bergman et Lynch et regardez quelque chose de joyeux pour une fois (là je parle pour moi =D), laissez vous entraîner par la musique et les images de ce chef d'oeuvre qu'est Chantons sous la pluie !

L'histoire, réellement passionnante se passe dans le milieu du Septième Art en 1927, l'année du Chanteur de jazz. Le bouleversement suscité par l'arrivée du cinéma parlant (qui n'était au départ pas pris au sérieux et selon beaucoup inexorablement voué à l'échec) dans l'industrie du Cinéma est incroyablement bien retranscrit et on assiste avec délectation aux inconvénients et problèmes (notamment au sujet des micros) que rencontrent les producteurs et réalisateurs inexpérimentés avec cette nouvelle technique. En plus de constater ces difficultés, on se rend compte de la concurrence qui règne dans ce milieu car derrière les apparences règne une satire acide mais savoureuse de l'industrie cinématographique.
Mais ce film parle avant tout de l'Amour avec un grand A et surtout du Bonheur avec un grand B. Un sujet classique et presque banal qui peut laisser perplexe mais qui est ici traîté avec intelligence et pour une fois sans mièvrerie ou niaiserie aucunes. La scène culte où Gene Kelly chante "Singin' in the rain" est d'ailleurs très représentative de l'ingéniosité dont font preuve Donen et Kelly : tout en restant crédible et sans frôler le ridicule (contrairement à Julie Andrews dans la Mélodie du bonheur par exemple), Don Lockwood réalise ce que nous avons tous envie de faire quand la joie nous submerge : chanter, danser et sauter partout, qu'il fasse beau, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente.

D'un point de vue artistique c'est évidemment un sans faute. La mise en scène est étourdissante, les numéros musicaux et chorégraphies sont d'une virtuosité à couper le souffle et le travail sur le montage est remarquable. Les dialogues sont parfaitement écrits et délectables et la narration est d'une maîtrise confondante pour un résultat parfaitement rythmé. En outre, l'esthétique est magnifiquement soignée et évite magistralement le mauvais goût malgré les nombreuse couleurs vives qui composent la photographie.
Les personnages, très charismatiques, sont plutôt classiques et pourtant loin du stéréotytpe car leur personnalité est très approfondie.
Les acteurs sont tout simplement admirables. Toujours souriants, ils font sentir le plaisir qu'ils ont à jouer, à chanter et à danser et communiquent ainsi leur joie au spectateur.

Chantons sous la pluie est donc un film réjouissant qui respire la joie de vivre et nous la communique de sorte que l'on ne s'ennuie pas une seconde. On s'amuse, on rit, on s'émeut, on vibre au rythme des numéros de chant et de danse tous plus impressionnants les uns que les autres.
Singin' in the rain c'est tout cela à la fois, et bien plus encore... Le Bonheur à l'état pur.

# Posté le samedi 07 avril 2007 06:34

Modifié le samedi 05 mai 2007 05:40

LA REINE MARGOT

LA REINE MARGOT
"La Reine Margot"
De
: Patrice Chéreau
Pays : France, Allemagne, Italie
Avec : Isabelle Adjani, Daniel Auteuil, Jean-Hugues Anglade, Vincent Perez, Virna Lisi...
Année : 1994
Genre : Historique
Durée : 160 mn
L'histoire. : Pendant la nuit de la Saint-Barthélémy, Marguerite de Navarre, dite Margot, cache un protestant réchappé du massacre. Elle le soigne et en tombe amoureuse. Tout va basculer pour elle...



La nuit de la Saint Barthélémy (24 août) 1572, des milliers de protestants furent massacrés à Paris au nom de la religion catholique et du roi Charles IX. Ce génocide, considéré comme l'un des plus violents et terribles de l'Histoire de France, inspira à Alexandre Dumas (Les 3 mousquetaires, Le comte de Monte Cristo...) un magnifique roman qu'il publia en feuilleton de 1844 à 1845. En plus d'être un excellent et très bien documenté roman historique, ce chef d'oeuvre de la littérature du XIXème siècle est un déchirant roman d'amour et d'amitié mettant en scène des personnages tourmentés et schizophrènes aux rapports extrêmement troubles.
Déjà porté à l'écran par Jean Dréville en 1954, La Reine Margot fit l'objet d'une seconde adaptation cinématographique réalisée par Patrice Chéreau en 1994. Une adaptation plutôt réussie, assez peu flamboyante et lyrique comparativement au roman et somme toute assez intimiste, plus proche du film d'auteur que du film en costumes à grand spectacle bien que l'importance du budget se fasse ressentir.

Au centre de cette histoire complexe mêlant habilement politique et sentiments se trouve une femme apparemment tranquille et insouciante, mais en fait emportée, totalement guidée par la passion et complètement soumise à ses pulsions, dont l'instabilité psychologique et finalement la folie douce vont peu à peu se dessiner : la reine Margot alias Marguerite De Valois, fille de Catherine de Médicis et Henri II, soeur de Charles IX et d'Henri d'Anjou futur Henri III et épouse contrainte du protestant Henri de Navarre futur Henri IV. Ce personnage d'une grande complexité dans le roman est regrettablement écorché dans le film - même si, bien heureusement, sa dimension psychologique est plus ou moins conservée : on la présente à l'écran presque comme une prostituée qui va jusqu'à coucher avec ses frères, alors qu'il n'est question dans le roman que d'amourettes extraconjuguales avec le Duc de Guise et le fameux La Mole, bien qu'il soit sous-entendu qu'ils ne soient pas les seuls à lui avoir fait l'amour. Mais le problème est bien là : ce qui était implicite sur le papier devient explicite à l'écran (et d'autres exemples que celui cité précédemment pourraient être donnés), ce qui témoigne tout de même d'un certain manque de savoir-faire de la part de Chéreau. A la manière de la Marie-Antoinette de Sofia Coppola qui se réfugie dans la frivolité pour oublier sa solitude et son ennui (cependant, contrairement à Marie-Antoinette, Margot est consciente des enjeux politiques qui se déroulent et y prendra même part en faisant face à sa famille), Marguerite se réfugie elle dans des histoires d'amour sans lendemain, mais elle ne va pas jusqu'à se faire payer pour faire l'amour comme il est dit dans le film.
On ne peut donc s'empêcher de resentir une certaine gêne face à l'infidélité du film par rapport au roman, car c'est plus qu'une simple appropriation, c'est de la modification. On ne peut cependant pas blâmer une telle chose puisque le roman n'était évidemment pas adaptable dans son intégralité (il fait environ 700 pages !) et il faut avouer que les auteurs Chéreau et Thompson se sont remarquablement bien débrouillés : les stratagèmes pour écourter l'histoire sont très habiles et ingénieux. Mais bon, la frustration du lecteur maintenant spectateur est belle et bien présente. Bien sûr, si l'on arrive à faire abstraction du roman, ou mieux, si l'on n'a pas lu le roman (ce qui est quand même une erreur à corriger), on peut se laisser emporter par le film, et là le plaisir est garanti.

Car oui, l'adaptation cinématographique de Chéreau bien qu'infidèle possède de grandes qualités artistiques. Tout d'abord la virtuosité et l'ingéniosité de sa mise en scène (récompensée au Festival de Cannes) essentiellement composée de plans serrés pour souligner l'intimité, et la qualité de sa photographie qui sait mettre en valeur les magnifiques costumes et décors lors des rares mais magnifiques plans d'ensemble qui parsèment le film.
L'interprétation est elle aussi remarquable : Virna Lisi incarne à merveille l'inquiétante Catherine de Médicis (elle a d'ailleurs été récompensée par le Prix d'Interprétation Féminine au Festival de Cannes), Isabelle Adjani est sublime et troublante dans le rôle de Marguerite, Jean-Hugues Anglade et Pascal Gregory d'habitude insupportables sont ici excellents, et même les seconds rôles sont brillants. Finalement seuls Daniel Auteuil et Vincent Perez ne sont pas à la hauteur.

Le film souffre tout de même d'un problème d'écriture : la subtilité des dialogues du roman est absente et on peut remarquer un problème de niveau de langue (le tutoiement devient brusquement vouvoiement, et les tournures de phrases sont tantôt d'époque tantôt modernes).
Et puis il manque le souffle lyrique et mystique et l'humour pince-sans-rire qui animaient le roman. L'émotion atténuée par le rythme trop rapide de la narration, bien qu'indéniablement présente à la fin du film se fait cruellement remarquer par son absence lors du massacre au profit d'une effusion de violence froide et crue.
En outre, l'aspect psychologique est parfois regrettablement mis de côté : la domination de Catherine sur son fils Charles n'est pas assez développée, la schizoprénie de ce dernier n'est pas abordée de la bonne manière (les gesticulements et hurlements d'Anglade ne suffisent pas), et la complexité des rapports à la fois tendres et étranges entre Charles et sa nourrice est tout juste effleurée. De plus, le personnage schizophrène et jaloux du Duc d'Alençon est délaissé alors qu'il occupe une place prépondérante dans le roman. En revanche, les rapports certainement incestueux entre Catherine et le Duc d'Anjou sont plutôt bien représentés lors d'une scène très intime à la façon des scènes de caresses entre Karin et Maria dans «Cris et chuchotements» de Bergman.

Au final, si l'on fait abstraction du roman duquel il s'inspire, «La Reine Margot» est un bon film, certes non dénué de défauts (on peut également pour finir trouver des erreurs de montage), mais bénéficiant d'indéniables qualités artistiques. La musique est, soit dit en passant superbe.

# Posté le lundi 09 avril 2007 07:51

Modifié le vendredi 15 juin 2007 12:43

MEAN CREEK

MEAN CREEK
COUP DE COEUR * COUP DE COEUR * COUP DE COEUR * COUP DE COEUR * COUP DE COEUR


"Mean Creek"
De
Jacob Aaron Estes
Pays : USA
Avec : Rory Culkin, Trevor Morgan, Ryan Kelley...
Année : 2004
Genre : Drame
Durée : 90 mn
L'histoire. Parce qu'il ne supporte plus de se faire tabasser à l'école par cette brute de George, Sam se confie à son grand frère, Rocky. Ensemble, ils échafaudent un plan pour se venger. Pour l'anniversaire de Sam, ils vont inviter George à une balade en bateau sur une rivière du coin et là, ils lui feront tout payer. Alors que la journée se déroule comme un rêve d'enfance, le piège se referme. Découvrant George sous un jour nouveau, Sam se rend compte qu'il n'est finalement qu'un gamin mal dans sa peau. Alors qu'il est question d'abandonner l'idée de vengeance, tout dérape et le pire survient...



Véritable perle du cinéma indépendant américain de ces dernières années, Mean Creek est ce que l'on peut qualifier de petit chef d'oeuvre d'autant plus impressionnant que c'est le premier film d'un jeune cinéaste très prometteur à surveiller de très près : Jacob Aaron Estes (dont le prochain film The Gifted, racontant l'histoire du millionaire philanthrope Zell Kravinsky incarné par Ralph Fiennes, devrait sortir en salle dans le courant de cette année 2007). Présenté dans de nombreux festivals tels que Sundance ou Cannes (En Quinzaine des Réalisateurs), ce bijou cinématographique que personne n'attendait créa la surprise et fut sujet à un enthousiasme critique rare à sa sortie en 2004. Il est pourtant passé très injustement assez inaperçu en salles et sa sortie en DVD ne l'a que très peu rattrapé. C'est donc pour réparer ce tort et en essayant de ne pas m'emmêler dans les superlatifs que je vous invite à découvrir cette oeuvre inestimable comme le cinéma nous en offre trop peu ces derniers temps.

Tout d'abord l'idée de départ, entre le chef d'oeuvre Delivrance de John Boorman (on retrouve l'idée de la rivière, de l'isolement et du meurtre plus ou moins accidentel) et Stand by me de Rob Reiner (on retrouve l'idée de la confrontation enfance/mort), était excellente. D'un point de vue psychologique autant que d'un point de vue émotionnel, il y avait de quoi faire ! Et il se trouve que l'idée est parfaitement exploitée pour un résultat réellement bouleversant et incroyablement prenant, un drame de l'adolescence au moins aussi marquant et magistral qu'Elephant de Gus Van Sant. Ce film provoque un véritable choc, on en sort soufflé, perturbé, retourné, silencieux, l'impression d'avoir le coeur flétri, fané, stigmatisé, ne sachant que faire ou que dire, les larmes aux yeux, le coeur battant à cent à l'heure. C'est brutal, douloureux, déchirant. Pourtant ça se regarde sans déplaisir si je puis dire. Bien que l'ambiance soit plutôt glauque, tendue et angoissante, on est pris par le film, subjugué par son intensité, saisi et impressionné par l'interprétation exceptionnelle des jeunes acteurs, transporté par la beauté des plans et de la musique et l'ingéniosité de la mise en scène. Dans ce sens-là, Mean Creek est finalement comparable à une attraction à sensations fortes : c'est éprouvant et délicieux à la fois, à la différence près qu'on a le sourire aux lèvres quand on sort d'un de ces manèges, ce qui n'est pas le cas quand on sort de Mean Creek. On est totalement bouleversé par ce que l'on vient de voir, véritablement hanté, et ce pendant longtemps. On n'a de cesse de se ressasser le film, l'envie inlassable de le revoir immédiatement.

Au fil du périple, on apprend comme Sam et les autres à mieux connaître l'arogant et insupportable personnage de George. On se rend peu à peu compte que ce n'est qu'un pauvre garçon consciemment incompris et mal dans sa peau qui a besoin de s'affirmer et qui traduit malgré lui et maladroitement ce besoin par la persécution des plus faibles que soit et en se faisant remarquer par sa bêtise. On apprendra durant la dernière et sublime séquence final, quand la police visionne ce qu'il a filmé que c'était un garçon intelligent finalement et désespérément seul, un être touchant et fragile, le personnage au final le plus passionant du film.

Le désemparement moral face à l'acte irréversible qu'est le meurtre accidentel de George, la panique et la culpabilité sont parfaitement mis en scène de sorte que l'on est littéralement plongé dans la situation, on se sent coupable et incroyablement proche des personnages : on pleure avec eux, on compatit entièrement que ce soit avec les bourreaux ou le martyr, tous vivant un calvaire différent mais tout aussi douloureux. Tandis que la vie de Georges est atrocement et accidentellement abrègée, celle de ses meurtriers malgré eux est gâchée, bouleversée à jamais, rongée par la culpabilité. Certains se dénonceront pour allèger leur conscience, d'autre s'enfuiront vers un avenir sombre et incertain. Dans tous les cas, le drame qu'ils ont vécu les aura marqué à jamais au fer rouge, à l'image de l'effet du film sur le spectateur.

# Posté le samedi 14 avril 2007 03:05

Modifié le samedi 12 mai 2007 12:35