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Les audios de Munster à Cannes
(Photo by Glouf)
Mes premières impressions : un peu déçu (c'était génial mais je m'attendais à plus de magie, plus de folie ! et puis passer ses journées à courir d'un film à l'autre et à poiroter bêtement dans les fils d'attente c'est fatiguant !), assez nostalgique (vivement l'année prochaine que j'y retourne !), et puis des regrets, des remords... Beaucoup de regrets et de remords. Pas vu assez de films ! Il faut dire que la piscine de la résidence Maeva était très tentante, mais j'aurais du faire le bon choix : au lieu du slip de bain, les sièges confortables des salles de cinéma. Résultat je n'ai vu que 15 films dont 2 courts-métrages alors que je devais en voir 25 (1 seul lundi, jeudi et vendredi alors que j'étais sensé en voir 3 voire 4 par jour). J'ai bien glandé, je me suis amusé, mais maintenant est venu le temps des regrets. Regrets et remords aussi pour mon appareil photo (qui n'est d'ailleurs pas le mien mais celui de mon père) que j'ai comme un pauvre con d'idiot de merde né de la dernière pluie oublié dans le train-couchette ! On applaudit bien fort le big boss de l'année ! Du coup ça me faisait déjà bien chier de rentrer dans mon trou perdu de bled à la con après un si merveilleux séjour, mais en plus il faut que je me fasse passer un savon monumental (tout de même amplement justifié et mérité) par mes parents et que je me retrouve désespérément sans un souvenir du rêve que je viens de vivre.
Sinon au niveau des films j'en ai vus de très bons et de très nuls (en minorité quand même), et au niveau des stars j'ai été servi ! Bon OK, je n'étais ni avec Morgan quand il a serré la main à George Clooney, ni avec ceux qui ont tapé la discute avec Gus Van Sant, Jim Jarmush et Wim Wenders, ni avec ceux qui ont vu Elia Suleiman, ni avec Clémentine quand elle a croisé Piccoli dans la rue... Et puis je n'ai pas vu Lynch alors qu'il était à Cannes, snif... Mais bon j'ai quand même fait partie des 1800 personnes présentes lors de la prestigieuse et exceptionnelle soirée du 60ème anniversaire avec les 35 grands réals de
Chacun son cinéma, Depardieu, Sharon Stone, Juliette Binoche, Maggie Cheung, Stephen Frears, Jim Jarmush, Claudia Cardinale et tout un tas d'autres grandes personnalités du cinéma > Ca fait quand même plaisir ! Mais bon, je ne fais pas partie des idiots qui ne sont là que pour monter les Marches (je l'ai fait, c'est bien, sympa, impressionnant, je suis content, mais voilà !) ou pour voir des stars et qui sont prêts à attendre des heures devant les marches ou à se marcher les uns sur les autres devant le Martinez ou le Carlton pour entraperçevoir Brad Pitt et Angelina Jolie ! Bien sûr ça m'aurait fait plaisir de voir Brad Pitt et Angelina Jolie, mais ce n'était pas ma priorité, loin de là ! Ce que je voulais c'était voir Lynch (raté !) et des films : malheureusement pouvoir voir les films qu'on veut c'est gérable en oubliant de manger, de se laver, de dormir et de faire ses besoins (+ la tentation de la piscine, le nombre restreint d'invits pour les films en sélection officielle, les interminables queues de 3H et les gens qui ne veulent pas venir voir
A l'intérieur avec vous :D) ! Du coup j'ai raté à mon grand regret
No country for old men, Paranoid Park, Mister Lonely, A l'intérieur, Alexandra, Du levande, California dreamin', Control, 4 mois 3 semaines et 2 jours, La Forêt de Mogari, Secret sunshine, Roman de gare, Le Rêve de la nuit d'avant et bien d'autres... Tant pis, je me rattraperai l'année prochaine... :S
FILMS VUS A CANNES
Sélection Officielle - En Compétition :
My Blueberry Nights de Wong Kar Wai
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> Une jolie petite bluette légère et douce, un film très agréable, très réussi, certes plutôt mineur dans la filmographie de WKW, mais très abouti. Le cinéaste va au bout de la recherche esthétique entreprise dans ses précédentes oeuvre (auxquelles de nombreux clins d'oeil sont adressés) pour un résultat sublime. Le scénario a beau être à l'eau de rose, "My blueberry nights" n'en demeure pas moins une romance magnifique portée par d'excellents interprètes et bercée par une musique superbe. Une rêverie mousseuse, un film éblouissant, scintillant, magique, pas un chef d'oeuvre mais un beau moment de cinéma.
Death Proof de Quentin Tarantino
****
> Survolté, frénétique, hilarant, terrifiant, orgasmique le nouveau Tarantino est une vraie bombe, un divertissement de très haute volée. Assurément pas le meilleur du cinéaste (moins virtuose que
Kill Bill, moins fouillé et intelligent que
Pulp fiction et moins classe que
Reservoir dogs), mais en tout cas son plus jouissif. Tarantino déclare une nouvelle fois sa flamme au cinéma (particulièrement au ciné rétro des 70's) en truffant son film de références (qu'on n'a toutefois pas forcément besoin de connaître pour apprécier le film à sa juste valeur) et de clins d'oeil à des tas de films (notamment les siens). Les 2 heures de film passent à une vitesse incroyable (c'est simple, je n'avais jamais vu ça), si bien qu'on en redemande à la fin. Kurt Russell est excellent (encore un has been qui ressort de l'ombre grâce à Tarantino, à l'image du Travolta de
Pulp fiction) et la musique entraînante. Si vous voulez prendre votre pied bien installé dans votre siège de cinéma, c'est par ici que ça se passe !
Une Vieille Maîtresse de Catherine Breillat
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> Catherine Breillat, dont on sait les films très "chauds", adapte ici un roman de Barbey d'Aurevilly et explore ainsi les dessous les plus sombres et insondables des sentiments humains (haine, amour, désir...), de la passion destructrice et de la relation de couple ici très proche du sado-masochisme dans un cadre post-DeLaclos en évitant habilement les clichés du film en costumes. Le film pose la question très intéressante : Quelle est la frontière entre désir et amour ? Glauque, sulfureux et assez malsain,
Une vieille maîtresse est passionnant de bout en bout. Asia Argento aurait largement mérité le Prix d'Interprétation Féminine.
Sélection Officielle - Hors Compétition
Chacun son cinéma - film collectif (33 courts-métrages de 35 réalisateurs différents)
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> Film collectif oblige, l'ensemble est assez inégal. Mais, pour une fois, on constate une majorité de bons films. Bien sûr il y a pas mal de merdes comme les courts-métrages de Raymond Depardon (le pire de tous), Amos Gitaï, Atom Egoyan, Abbas Kiarostami, Olivier Assayas, Gus Van Sant ou Hou Hsiao Hsien, mais il y a beaucoup de perles comme les courts-métrages de Lelouch (étonnant), Polanski (le meilleur), Lars Von Trier, Wenders, Angelopoulos, Cronenberg, Elia Suleiman, Chen Kaige, Zhang Yimou, Wong Kar Wai, Tsai Ming Liang, Innaritu, Salles, les Coen, Kitano ou Chahine (très mal joué et assez prétentieux mais très émouvant). Dans l'ensemble, on se rend compte que ce qui marche le mieux dans un court-métrage, c'est l'humour, car quand on s'essaye à l'humanitaire ou au mélo, même en étant un grand réalisateur, on vire dans le pathos et c'est la ratage assuré dans un film de 3mn (Wenders est le seul à prouver le contraire).
Un Certain Regard
Mang Shan (Blind Mountain) de Li Yang
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> Au fil d'un scénario extrêmement ingénieux mené tambour battant, "Mang Shan" joue avec le spectateur comme avec une poupée vaudou, mettant ses nerfs à rude épreuve. En plus de peindre le portrait dune Chine en crise, Li Yang réalise un film à la limite du film d'horreur (une femme séquestrée, violée...) où la tension est parois presque insoutenable, particulièrement quand la jeune femme tente de s'échapper. Le cinéaste fait preuve d'une maestria confondante dans sa mise en scène et son montage. On en sort le souffle coupé.
Kuaile Gongchang (Pleasure Factory) de Ekachai Uekrongtham ****
> Rarement j'aurais vu pire bouse cinématographique. Vide de sens, dénué de toute intrigue, outrancier, extrêmement mal filmé (comme dirait Clémentine, on dirait que ça a été filmé par un manchot unijambiste), ce film est une véritable catastrophe. Le réalisateur a choisi de filmer du cul pour du cul de façon très explicite (à la limite du pornographique) afin de se faire remarquer. Le résultat n'a aucun fond, aucun impact (si ce n'est qu'il provoque le dégoût et la colère d'avoir gaspillé 1H et demi de son temps à regarder une chiasse pareille), aucune substance et est extrêmement ennuyeux. Durant tout le film,on n'a qu'une seule envie : quitter la salle. Mais je suis resté pour pouvoir remplir une fiche de plus pour Bibi, peut-être aussi par curiosité ou voyeurisme. En tout cas "Pleasure factory" est malsain, inutile, un pseudo-film-à-scandale qui ne mérite pas de sortir en salles et encore moins d'êtreà Cannes. On saluera seulement le fait d'avoir eu l'idée et l'audace de filmer dans un quartier chaud de Singapour.
Et toi t'es sur qui ? de Lola Doillon
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> Une sorte de sitcom pour ados plutôt sympathique, plutôt drôle, plutôt bien joué, plutôt bien filmé, mais qui n'évite pas toujours les clichés assez inevitables de ce genre casse-gueule, voire le ridicule. Tant pis finalement car on s'amuse et on en sort le sourire aux lèvres bien que la fin soit décevante.
La Quinzaine des Réalisateurs
La France de Serge Bozon
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> Mais de quelle planète nous provient ce film ?? Au fil d'une intrigue assez mal ficelée à la
Mulan mélangeant drame sentimental et psychologique, film de guerre et comédie musicale "artisanale", Bozon entraîne le spectateur dans un monde complètement barré et souvent d'une drôlerie irrésistible due à un ridicule (assumé?) ambiant lui-même du à des situations hors du commun et un jeu d'acteurs catastrophique. Esthétiquement c'est plutôt réussi, mais cela n'empêchera pas que beaucoup de spectateurs (comme moi) n'accrocheront pas.
PVC-1 de Spiros Stathoulpoulos
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> Tourné en un plan-séquence de 85 minutes,
PVC-1 est un véritable exploit (bien que ça ait déjà été fait avec
L'Arche russe de Sokourov) extrêmement impressionnant (la caméra est en perpétuel mouvemement) et bouleversant, forcément non dénué de maladresses et d'erreurs minimes mais très maîtrisé et assez hallucinant. Un film atroce qui joue sadiquement avec les nerfs du spectateur (ces satanées alarmes!!!) pour finalement les réduire en compote.L'humour noir plus ou moins auto-dérisoire peut paraître assez scandaleux, l'intrigue étant inspirée de faits réels, mais est en fait un moyen très malin de détendre l'atmosphère pour mieux terrfier ensuite et faire exploser l'horreur (et la bombe !).
Semaine Internationale de la Critique
Parpados Azules (Paupières Bleues) de Ernesto Contreras
> M'étant endormi au bout d'une demi-heure de film, je n'émettrais pas d'avis si ce n'est que ce que j'ai vu était lourd, très mou et sans intérêt à mes yeux.
Deficit de Gael Garcia Bernal
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> Pour son premier passage derrière la caméra, Gael Garcia Bernal réalise un film certes mauvais mais pourtant agréable à regarder. Du fait que la longueur du film (75 mn) ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer et que l'histoire se laisse suivre avec intérêt comme celle d'un bon sitcom, on prendrait presque du plaisir à visionner
Deficit. Pourtant la mise en scène est assez mauvaise, le jeu d'acteur limite potable, la musique assez insupportable et le montage est réellement catastrophique. Le pire, c'est que le but de l'entreprise est complètement raté, et de loin. Bernal prétend critiquer la jeunesse dorée mexicaine mais ne fait que la mettre en scène maladroitement, sans rien dénoncer. Le fait que l'on ait tendance à s'attacher aux personnages et que l'humour soit omniprésent rendent impossible le dessein fixé. Pas de compassion (quand même pas), pas de dénonciation, seulement une aberrante neutralité.
Les Méduses de Etgar Keret, Shira Geffen
> Comme pour
Parpados Azules, je me suis endormi au bout d'une demi-heure de film environ et ce que j'en ai vu me paraissait potable, sans plus. Je retiendrai surtout l'insupportable version israëlienne de
La Vie en Rose d'Edith Piaf.
+ "L'Interprète" de Sydney Pollack (Rétrospective Humanitaire)
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+ "La Leçon de Piano" de Jane Campion (Cinéma de la Plage)
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+ 2 courts-métrages : "Fog" et "Salive" (Semaine de la Critique)
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