NOTES SUR QUELQUES FILMS VUS DERNIEREMENT

NOTES SUR QUELQUES FILMS VUS DERNIEREMENT
Mardi dernier, motivé, je me suis fait une 'tite aprem cinoch. Au programme 2 films à la suite, d'abord Zodiac de David Fincher à 14H15 suivi des Chansons d'Amour de Christophe Honoré à 17H15.
Commençons très logiquement par le premier. J'y suis allé je l'avoue, malgré l'enthousiasme des critiques et des amis qui l'avaient dèjà vu, non sans scepticisme. David Fincher m'avait impressionné avec Seven, fait vibré avec Ali3n (oui je fais partie des seuls à avoir aimé ce film), bluffé avec Panic Room. Pourtant je ne suis pas fan, surtout après avoir vu le très décevant Fight Club, car derrière les artifices de la mise en scène d'une virtuosité étourdissante mais parfois assez esbrouffeuse, se dissimule maladroitement un fond qui justement n'est pas. C'est creux (à part peut-être Seven qui nous plonge dans les méandres de l'esprit d'un psychopathe). Je me suis donc rendu à cette séance de 14H15 en ne m'attendant pas à grand chose, juste un bon film policier peut-être. Nous sommes quatre dans la salle. Pas très encourageant ni rassurant... =D Et pourtant, quelle claque monumentale ce Zodiac ! Un putain de chef d'oeuvre même ! Le scénario est passionnant et la mise en scène est d'une maîtrise, d'une beauté et d'une ingéniosité rarement vues, elle atteint même des sommets de rigueur et de précision. Le spectateur est tenu en haleine de bout en bout de ces 2H36 d'enquête abracadabrantesque où on se perd volontiers, avec en prime quelques moments de frisson mémorables. Un tourbillon étourdissant d'indices, de fausses-pistes, de chausses-trappes et d'interrogations qui ne laisse pas indemne, où plusieurs personnages dont un graphiste, un policier et un journaliste enquêtent au risque de ruiner leur vie sur le mystérieux et imprenable tueur en série qui ébranla les moeurs des USA des 70's : le Zodiac. Sous ses allures de grosse production américaine, ce film se révèle être finalement très complexe et offre des réflexions passionnantes sur la vérité, le mensonge, l'obsession et le sens lui-même. De loin le meilleur de Fincher que je n'aurais jamais cru capable d'autant de maestria. J'en suis sorti ébahi et grandement troublé.
Dur dur après un tel choc de rentrer ensuite tout de go dans les pourtant très jolies Chansons d'Amour ! On change carrément de registre et de salle (écran tout petit, son tout pourri). Je suis cette fois la seule âme qui vive face à cet écran au milieu de ces sièges d'un vert assez repoussant, même plus trois personnes pour que je ne me sente pas trop seul ! Le film parle d'un jeune homme, Ismael, qui a le plaisir ou le déplaisir de vivre avec deux jolies jeunes filles elles-même plus ou moins amoureuses l'une de l'autre et dont l'une va mourir. C'est le moment dde faire son deuil et d'essayer de reconstruire sa vie. Au final, un bon moment quand même pour un beau film qui aborde des thèmes graves comme le deuil (sujet décidémment très à la mode en ce moment !) avec légèreté mais sans trop de superficialité, sans pathos mais de façon très émouvante. L'interprétation est bluffante (Louis Garrel aurait mérité un Prix d'Interprétation à Cannes !), la mise en scène, sans être véritablement impressionnante est très élégante, et le scénario est très bien foutu, de sorte que l'on ne s'ennuie pas une seconde. Je n'ai pour ma part pas trop aimé les musiques malgré que le travail de Beaupin soit assez remarquable, mais elles restent agréables et participent à la légèreté du film. Un beau moment de cinéma en somme, réalisé par un amoureux transi de la Nouvelle Vague et de Jacques Demy, même si, niveau comédies musicales françaises, on préfèrera On connaît la chanson, Les Parapluies de Cherbourg (duquel Honoré s'inspire explicitement, surtout au niveau de la structure narrative découpée en trois parties) et Les Demoiselles de Rochefort. Oui, un peu déçu tout de même, il faut dire que j'en attendais beaucoup, beaucoup trop certainement.

Vacances obligent, je peux m'autoriser à regarder la télé plus tard. Ayant la chance d'avoir quelques bonnes chaînes de cinéma, j'ai pu m'offrir quelques séances de deuxième partie de soirée assez mémorables. Et le meilleur reste encore je l'espère à venir, car j'en jubile rien qu'à regarder mon programme télé.
Commençons par L'Empire des Sens de Nagisa Oshima, que je me suis matté à 22H45 sur Cinecinema Culte il y a environ deux semaines. Un film érotique, comme tout le monde le sait. J'avais personnellement une vision plus innocente, et surtout plus soft et modérée de ce qu'est le cinéma érotique. Je ne pensais pas qu'un film où l'on peut voir quelques gros plans de penis en érection, de fellations et de pénétrations (cependant pas entièrement dévoilées, ouf ^^ !) était encore considéré comme érotique. En tout cas, ce film frôle de très près les limites de l'érotisme pour aller flirter avec la pornographie. Mais bon, rien de très excitant, le but du film n'étant en aucun cas d'exciter. Encore qu'au début, ça soit encore assez soft. Mais dans la deuxième partie du film, tout change : Strangulations, sadomasochisme, gérontophilie, pédophilie, puis finalement meurtre et "annexion" de penis... Rien ne nous est épargné ! C'est glauque, malsain, dérengeant, très cru mais étrangement et terriblement fascinant. Une étude violente et viscérale de l'obsession de deux amants, une geisha et son patron, fous de désirs qui cherchent le plaisir absolu à tout prix, et iront jusqu'au bout de leurs fantasmes dans un final sanglant où l'amour se mêle intrinsèquement à la mort.
Toujours à 22H45 mais cette fois sur Canal+Cinema, j'ai eu l'occasion de voir Volver de Pedro Almodovar où une femme, Raimunda, doit faire face à la fois au fantôme de sa mère, à la mort de sa tante et au meurtre accidentel de son mari par sa fille. Tout cela aboutira à des révélations finales bouleversantes. Un film très beau et très émouvant, mis en scène avec un certain génie, qui a amplement mérité ses Prix du Scénario et d'Interprétation Féminine à Cannes l'année dernière ! Un film très féminin et personnel, cru, aride et lèger à la fois. Du grand art. Le seul Almodovar que j'aie vu jusqu'à présent avec le sublime Tout sur ma mère. Ca donne envie de découvrir ce cinéaste prolifique et charismatique dont l'oeuvre ne m'attirait pourtant pas le moins du monde !
J'ai également essayé de regarder Chambre avec vue de James Ivory, qui relate la passion d'une jeune fille anglaise pour un aristocrate rencontré lors de vacances à Florence alors qu'elle doit se marier à un intellectuel coincé (enfin c'est ce que j'ai compris ^^) hier soir à 23H05 sur CineCinema Culte. Ce que j'en ai vu était magnifique, très agréable et léger (c'es fou ce que j'utilise cet adjectif aujourd'hui !), mais la fatigue l'a à mon grand regret emportée sur l'émerveillement et je me suis endormi au bout d'un peu plus d'une heure de film. Le DVD coûtant assez cher (putain de MK2 ! ^^), je me rabattrai sur le bouquin de E. M. Forster que j'ai acheté dernièrement pour connaître la fin.

Je continue mon exploration assidue de l'oeuvre du Grand Bergman, avec pour projet de voir très prochainement La Nuit des forains. J'ai vu pour le moment 11 films de ce génie, dont récemment La Honte et Le Rite. Je ne m'étalerai pas trop puisque je compte faire des critiques plus complètes de ces films dans mon dossier Bergman qui tarde à venir (paresse quand tu nous tient !).
Le premier est un véritable chef d'oeuvre, absolument bouleversant où un couple au bord du gouffre est confronté à l'horreur d'une guerre imaginaire. Assez différent du reste de l'oeuvre du génie, bien qu'il aborde des thèmes chers au réalisateur (particulièrement la relation de couple tumultueuse), La Honte est une expérience unique, presque traumatisante.
Le Rite, qui relate la confrontation d'une troupe de trois acteurs (deux hommes et une femme) dont la pièce a été censurée à un uge névrosé. Un film très bref, très convulsif, mais trop vain, trop théâtral et trop excessif. Bergman poursuit sa recherche esthétique axée sur le gros plan mais semble ici un peu tourner en rond. Bref, malgré le fait qu'on en sorte assez troublé sûrement grâce à une interprétation exceptionnelle (la sublime Ingrid Thulin en tête !), c'est un Bergman mineur.

L'autre jour, heureuse surprise : ma mère me ramène un DVD que je voulais me procurer depuis longtemps : Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears. En tant que fan de films en costumes et de toute cette époque 18eme/19eme siècle, j'ai mis en route mon lecteur DVD le soir-même et y ai glissé le disque, tout frémissant à l'idée de voir ce film tant attendu. Et la déception n'est définitivement pas au rendez-vous. C'est même encore mieux que ce que je m'imaginais. Cette adaptation flamboyante et bouleversante du roman de Choderlos DeLaclos est un immense chef d'oeuvre. Photographie et mise en scène sublimes, casting de haute volée, musique au diapason, finesse des dialogues et du scénario... Tout y est pour que le plaisir soit total, l'ensorcelement délicieux et l'émotion submergante. Une critique plus étoffée devrait arriver prochainement (je l'espère...).

TOP PROVISOIRE DE L'ANNEE 2007 (A MI PARCOURS ...)

1. Still life - Jia Zhangke
2. Zodiac - David Fincher
3. Death Proof - Quentin Tarantino
4. Ne touchez pas la hache - Jacques Rivette
5. Persepolis - Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud
6. My blueberry nights - Wong Kar Wai
7. Les Chansons d'amour - Christophe Honoré
8. La Môme - Olivier Dahan
9. Blind mountain (Mang Shan)- Li Yang
10. Les Témoins - André Téchiné
11. Les Simpsons : le film - David Silverman
12. Une vieille maîtresse - Catherine Breillat
13. Le Scaphandre et le Papillon - Julian Schnabel
14. PVC-1 - Spiros Stathoulopoulos
15. Angel - François Ozon
16. Molière - Laurent Tirard
17. Les Climats - Nuri Bilge Ceylan
18. La Vie des Autres - Florian Henckel von Donnersmarck
19. Spiderman 3 - Sam Raimi
20. Die Hard 4 : Retour en enfer
21. Shrek Le Troisième - Chris Miller
22. Et toi, t'es sur qui ? - Lola Doillon
23. Les Vacances de Mr Bean - Steve Bendelack
24. Deficit - Gael Garcia Bernal
25. La France - Serge Bozon
26. Kuaile Gongchang (Pleasure Factory) - Ekachai Uekrongtham

+ (où je me suis endormi au bout d'une petite demi-heure de film ... :x)
Les Méduses (Meduzot) - Etgar Keret (ça avait l'air pas mal, sans plus)
et Parpados Azules - Ernesto Contreras (ce que j'en ai vu était mauvais, mou, sans aucun intérêt)

# Posted on Monday, 18 June 2007 at 10:29 AM

Edited on Monday, 13 August 2007 at 8:02 AM

UNE 'TITE JOURNEE CINCOH

UNE 'TITE JOURNEE CINCOH
On en profite c'est les vacances ! Je me suis effectivement fait trois films dans la même journée d'hier : le très émouvant mais esthétiquement raté Scaphandre et le papillon de Julian Schnabel, le mauvais mais somme toute très agréable Shrek Le Troisième de Chris Miller, et le magnifique Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud (en avant-première :héhé !).

Commençons par Le Scaphandre et le Papillon, cette histoire d'un homme, Jean-Dominique (Jean-Do pour les intimes) Bauby, ancien rédacteur en chef du magazine Elle atteint du très rare locked-in syndrome, donc paralysé de la tête aux pieds hormis sa paupière gauche, qui va utiliser son imagination pour s'évader de son scaphandre (son corps) et écrire un livre auto-biographique en dictant chaque lettre avec un clignement de paupière à une jeune femme. Tout ce que l'on pouvait craindre est habilement évité : pas de pathos larmoyant ni d'éxagération ou d'outrancier apitoiement, mais une touchante simplicité et une douce ironie bien plus bouleversantes que tous les ridicules artifices mélodramatiques habituels. Très émouvant et adroitement écrit, ce film est une véritable leçon de vie qui fait souvent frissonner et arrache même parfois, mais avec douceur, quelques larmes. C'est finalement une magnifique représentation de l'art en tant qu'élément salvateur, indispensable, la création comme moyen d'échapper à sa condition. La troupe d'acteurs est remarquable, à commencer par les femmes, centre du récit : Emmanuel Seigner, Marie-Josée Croze, Anne Consigny, Marina Hands, Olatz Lopez Garmendia, Anne Alvaro et Emma de Caunes, toutes plus belles et charismatiques les une que les autres. Les hommes sont eux aussi impressionnants, mention spéciale à l'immense et vénérable Max Von Sydow et à l'excellent Mathieu Amalric. On notera aussi les prestations de Patrick Chesnais, Niels Arestrup, Isaach de Bankole et du regretté Jean-Pierre Cassel. C'est plutôt au niveau de la forme que Schnabel trébuche et se ratatine. Les partis-pris esthétiques sont effectivement très discutables : tout, que ce soit la mise en scène pseudo-expérimentale prétentieuse (caméra subjective, décadrages, cadrages "originaux", mouvements de caméra expérimentaux...) injustement récompensée à Cannes, la photographie affreusement clipesque trop lèchée ou les effets de montage esbrouffeux, tout nous pousse à nous croire en plein spot publicitaire à rallonge ou clip pop-rock (sensation renforcée par la jolie mais très inappropriée bande-son). OK, c'est parfois voire souvent joli, dans une pub oui, mais dans un film non. C'est bien dommage, car avec moins de fausses bonnes idées nombrilistes et moins d'inutiles et inadéquats artifices, Le Scaphandre et le Papillon aurait pu être un très bon film.

"Une place pour Tehilim s'il vous plaît !
- Désolé mais la séance a été annulée.
- Ah ! Bon ben tant pis... je vais aller voir Shrek alors !
- Ouais ça le fait aussi !"

Shrek Le Troisième confirme que toute franchise finit un jour ou l'autre par s'essouffler. On pouvait pourtant s'attendre à quelque chose de grandiose après Shrek 2, qui en plus davoir reitéré l'exploit du premier opus, avait fait encore mieux. Mais non malheureusement, le troisième volet ne réitère rien ddu tout et tombe à plat. L'intrigue, complètement bidon, prévisible et téléphonée, tourne en rond et est simplement un minable prétexte pour faire une suite afin de s'en mettre plein les fouilles. Les gags, pourtant un des plus grands atouts des deux premiers Shrek, sont faciles et tombent même parfois à plat. Bon, on ne va pas non plus se leurrer, tout cela reste quand même très drôle, très enlevé, très agréable et infiniment divertissant. Mais on était quand même en droit d'attendre beaucoup mieux ! On croise les doigts, mais sans trop de faux espoirs, pour que le quatrième relève le niveau... :x

Terminons avec le splendide Persepolis, adaptée de la célèbre bande-dessinée qui raconte l'histoire bouleversante de Marjane, une iranienne exilée en Autriche puis en France, de l'âge de huit ans à l'âge actuel de la dessinatrice maintenant convertie réalisatrice. On traverse avec elle les différentes étapes de l'Histoire de l'Iran, de la chute du régime du Chah au temps des "commissaires de la Révolution" en passant par l'instauration de la République islamique, à travers un scénario passionnant, tout en finesse et simplicité. Un chef d'oeuvre du genre ! Très provocateur et assez vulgaire parfois, mais très émouvant et très drôle à la fois. Jamais ennuyeux, jamais outrancier ou tapageur, jamais trop engagé (assez communiste mais sans excès). Aucun véritable défaut en somme, tous les pièges qu'on pouvait craindre sont évités. Même quand il s'engage dans les méandres mille fois maladroitement explorées du mal-être adolescent, le film ne perd pas de sa crédibilité et ne sombre jamais dans le mélodrame, en gardant toujours une pointe d'ironie. L'esthétique très belle et dépouillée, savant mélange de culture islamique, hippie et punk, enchante à chaque instant et la musique est inoubliable. Au final, Persepolis est un film qui, en étant certainement trop explicite dans ses idées et son but, arrive à toucher au plus profond jusqu'à bouleverser tout en faisant parfois beaucoup rire, avec une histoire sublime et des personnages incroyablement attachants.

# Posted on Wednesday, 20 June 2007 at 12:09 PM

Edited on Thursday, 21 June 2007 at 7:38 AM

LA SAGA "ALIEN"

LA SAGA "ALIEN"
Alien, le huitième passager de Ridley Scott. USA. Avec Sigourney Weaver, Tom Skerritt, Veronica Cartwright, Harry Dean Stanton... 1979. 112mn.

Aliens, le Retour de James Cameron. USA. Avec Sigourney Weaver, Caporal Dwayne Hicks, Michael Biehn, Lance Henriksen, Paul Reiser... 1986. 131mn.

Alien³ de David Fincher. USA. Avec Sigourney Weaver, Charles Dance, Charles S. Dutton, Lance Henriksen, Pete Postlethwaite... 1992. 110mn

Alien, la surrection de Jean-Pierre Jeunet. USA. Avec Sigourney Weaver, Winona Ryder, Ron Perlman, Dan Hedaya, Dominique Pinon... 1997. 104mn.


"DANS L'ESPACE PERSONNE NE VOUS ENTEND CRIER..."


Le vaisseau commercial Nostromo et son équipage rentrent sur Terre avec une importante cargaison de minerai. Mais lors d'un arrêt forcé sur une planète déserte, l'officier Kane se fait agresser par une forme de vie inconnue, une arachnide qui étouffe son visage. Après que le docteur de bord lui retire le spécimen, l'équipage retrouve le sourire et dîne ensemble. Jusqu'à ce que Kane, pris de convulsions, voit son abdomen perforé par un corps étranger vivant, qui s'échappe dans les couloirs du vaisseau...
Ainsi commence une saga de science-fiction légendaire, où épouvante grand public côtoie métaphysique et philosophie implicites dans un feu d'artifice d'images terrifiantes qui restent gravées à jamais dans la mémoire. Une des seules saga qui a su se renouveler à chaque épisode de par le changement systémaytique de cinéaste, chacun plus talentueux que les autres et possédant son univers personnel et inédit. Une des seules saga qui a su allier grand public et cinéma d'auteur, film "de producteur" et film d'auteur, film sur commande et film personnel.
On se souviendra longtemps de Sigourney Weaver dans le rôle du commandant Helen Ripley qui lui colle désormais à la peau et de la figure écoeurante et patibulaire de l'Alien. D'un côté une femme apparemment tranquille que cette aventure transformera à la fois physiquement et moralement, une femme seule qui tente désepérément de sortir de sa solitude et qui pourtant n'en réchappe pas, chaque personne à laquelle elle s'attache finissant par périr, excepté l'Alien. De l'autre côté une créature affreuse et poutant l'incarnation même du "parfait organisme" comme le dit l'androïde Ash, issue de la fécondation d'un corps humain vivant par une arachnide visqueuse elle-même issue d'un oeuf parmi des milliers pondus par une reine Alien plus horrible encore que ses bébés. Tandis que l'une reste le même être tout le long de la saga (excepté dans le dernier épisode où c'est un clone) mais subit des changements, l'autre est à chaque fois un être différent, parfois plusieurs, mais ne se différencie pas physiquement et moralement de ses prédécesseurs et successeurs (excepté encore une fois dans le dernier épisode où le clonage a fait subir des mutations aux aliens également). Une relation étroite et ambigue, plus encore qu'un rapport de pourchassant/pourchassé lie ces deux "individus" que tout oppose à partir de la fin du premier épisode jusqu'à la fin de la série, cette relation atteignant son apogée dans une véritable fusion des deux organismes dans le dernier opus. Une relation charnelle et mentale, finalement maternelle assez troublante.

Alien, le huitième passager, premier et meilleur épisode de la saga ainsi que meilleur film de Ridley Scott, est sans être le plus recherché esthétiquement, du moins celui où l'ambiance est la plus travaillée et où la mise en scène est, tout en restant sobre, la plus virtuose, en jouant habilement avec le hors champs et avec une alternance de caméra à l'épaule et mouvements fluides.

Suite à venir...

# Posted on Friday, 22 June 2007 at 12:08 PM

Edited on Friday, 13 July 2007 at 11:44 AM

BOULEVARD DU CREPUSCULE

BOULEVARD DU CREPUSCULE
"Sunset Blvd."
De
Billy Wilder
Pays : USA
Avec : Gloria Swanson, William Holden, Erich Von Stroheim, Cecil B. De Mille, Buster Keaton...
Année : 1950
Genre : Drame
Durée : 106mn
L'histoire. Norma Desmond, grande actrice du muet, vit recluse dans sa luxueuse villa de Berverly Hills en compagnie de Max von Meyerling, son majordome qui fut aussi son metteur en scène et mari. Joe Gillis, un scénariste sans le sou, pénètre par hasard dans la propriété et Norma lui propose de travailler au scénario du film qui marquera son retour à l'écran, Salomé. Joe accepte, s'installe chez elle, à la fois fasciné et effrayé par ses extravagances et son délire, et devient bientôt son amant. Quand son délire se transforme en paranoïa et qu'elle débarque au milieu des studios Paramount pour convaincre Cecil B. DeMille de tourner à nouveau avec elle, Gillis commence à prendre ses distances...


Texte à venir...

# Posted on Thursday, 05 July 2007 at 6:08 AM

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# Posted on Sunday, 16 September 2007 at 7:36 AM